La Région réalise une enquête inédite sur le harcèlement scolaire dans les transports scolaires


07 novembre 2019

Il y a un an, la Région s’engageait pour la première fois dans la lutte contre le harcèlement scolaire avec six actions innovantes :

•Création d’un centre de référencement des acteurs régionaux

•Mise en place d’une boîte-à-outils numérique

•Lancement d’un grand appel à projet pour soutenir les initiatives locales

•Soutien aux initiatives lycéennes

•Formation des agents des lycées

•Organisation des premières Assises régionales dédiées au harcèlement scolaire Cependant, la connaissance du fléau reste encore aujourd’hui trop parcellaire.

Pour Laurence BUSSIERE, Conseillère régionale en charge de la mission de lutte contre le harcèlement scolaire «Le retard de la réponse politique est aussi un retard épistémologique.

Si la Suède et la Norvège se sont engagés dès les années 1970-1980, il a fallu attendre 2011 pour avoir enfin un engagement clair en France.

C’est près de 40 ans de retard que nous devons aujourd’hui nous donner les moyens de rattraper en travaillant bien sur le fond du phénomène.»

Une enquête pour évaluer la proportion d’élèves victimes de harcèlement :

Sous l’impulsion d’Anne LORNE, Conseillère régionale, alors en charge de la mission harcèlement scolaire, et avec le soutien de Paul VIDAL, Conseiller délégué en charge des transports scolaires et interurbains, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a donc confié aux spécialistes auvergnats Jean-Pierre BELLON et Bertrand GARDETTE la réalisation en février 2019 d’une enquête inédite sur la question du harcèlement scolaire entre jeunes dans les transports scolaires, afin d’obtenir un véritable état des lieux .

Cette enquête permet d’avoir enfin un aperçu des faits d’intimidations, de violences et de harcèlement qui peuvent se manifester lors des déplacements collectifs des élèves:

•Un élève sur cinq se reconnaît comme victime d’intimidation ou de violences dans les transports scolaires

•Les intimidations psychologiques sont deux à trois fois plus fréquentes que les atteintes physiques aux personnes ou aux biens

•Les deux tiers des problèmes rencontrés dans les transports scolaires sont occasionnels

•Ces intimidations et ces violences multiplient par deux à trois le sentiment d’insécurité et l’angoisse des jeunes: elles ont des conséquences négatives pour l’ensemble des élèves utilisateurs

•80% des victimes d’intimidations ou de violences seraient en mesure d’identifier leurs agresseurs, «identification d’autant plus aisée, souligne l’enquête,que ces derniers fréquentent le même établissement voire la même classe que les victimes»(J.-P. BELLON et B. GARDETTE)

•Seul un agresseur sur cinq est une personne extérieure à l’univers scolaire de l’enfant intimidé ou harcelé

•Il y a un lien direct entre harcèlement dans les transports et harcèlement à l’école: «Les élèves rencontrant des ennuis ou subissant du harcèlement dans les transports connaissent également des problèmes, de nature et d’intensité similaires, dans leur établissement scolaire.

»(J.-P. BELLON et B. GARDETTE)

•Un réel problème de signalement et de prise en charge:

«À peine une victime sur 10 signale ses problèmes à un responsable des transports, un sur trois en parle à sa famille,35% s’enferment dans le silence et quasiment personne (1.6%) n’évoque le problème avec des personnels de l’établissement scolaire.

L’école est donc la grande oubliée des signalements.»(J.-P. BELLON et B. GARDETTE La 2e édition des Assises régionales du harcèlement scolaire prévue en 2020 sera l’occasion d’une présentation complète de la démarche et de ses résultats

Communiqué de presse Auvergne-Rhône-Alpes Crédit photo Thonon Alpes Radio

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