Haute-Savoie : 224 bovins en bonne santé vont être abattus

03 janvier 2022 à 16h14

Alors que les rubans rouges de la légion d’honneur pleuvent en ce début d’année, les éleveurs haut-savoyards vont eux porter le ruban noir du deuil, en soutien à la famille Forestier et son

troupeau qui vont subir demain mardi 4 janvier l’application d’une réglementation inadaptée.

La Confédération paysanne Haut-Savoyarde et Nationale s’associe à la tristesse, la colère et à l’inquiétude ressenties par de nombreux paysans face à l’hécatombe programmée. Tristesse de savoir que malgré des moyens d’investigation et de suivi qui ont considérablement évolués depuis la mise en oeuvre de la politique sanitaire animale, la seule réponse est encore et toujours l’abattage total.

Colère d’être confronté à une administration qui fait de la rétention d’informations et refuse de recevoir des éleveurs et des vétérinaires porteurs de propositions alternatives.

Cet épisode sanitaire complexe pourrait justement être utile à la progression de la connaissance, et faciliter l’évolution d’une réglementation inadaptée. Inquiétude pour les troupeaux, représentant plus de 12 000 ruminants, inalpés à proximité des bouquetins du Bargy qui risquent à tout moment de subir le même sort.

Et plus largement inquiétude pour le devenir de l’élevage en plein air, si à la moindre alerte sanitaire, la seule réponse serait la vaine tentative d’éradication par l’abattage total d’un troupeau.

Il est temps de modifier notre approche quant à la gestion de ce type de crise.

Nous ne pouvons pas éliminer toutes les bactéries qui nous dérangent. Il faut renouveler la compréhension des équilibres naturels (végétaux, animaux, microbiens) et, au-delà des peurs irraisonnées, retrouver le respect de tout être vivant.

Depuis 2015, suite à une forte mobilisation de terrain, des dérogations à l’abattage total sont accordées en France concernant une autre maladie réglementée, la tuberculose, lorsque le troupeau présente une très faible prévalence et que les animaux sont sains.

La Confédération paysanne s’engage à agir nationalement et localement pour obtenir une révision de cette gestion absurde et rassurer les paysans qui souhaitent encore avoir des pratiques d’élevage conformes à la demande sociétale.

Photo Illustration Thonon Alpes Radio
Communiqué de presse Confédération paysanne Haute-Savoie

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