Vinzier : le méthaniseur Terragr’Eau répond aux enjeux de développement durable du territoire

16 avril 2021 à 01h34

Opérationnel depuis fin 2016, Terragr’Eau, situé à Vinzier sur le plateau de Gavot, est le premier méthaniseur de France dédié à la protection de l’eau et au développement agricole local.

Une vision collective et durable 

Terragr’Eau est le fruit d’une longue collaboration entre les acteurs du territoire : 41 agriculteurs regroupées au sein de la Société d’intérêt collectif agricole (SICA) Terragr’Eau, la communauté de communes pays d’Evian – vallée d’Abondance (CCPEVA), porteur et propriétaire du site, et la Société des eaux minérales evian (entreprise Danone).

Cette initiative unique en France a pour double vertu la protection de l’eau potable consommée par plus de 10 000 habitants et de l’eau minérale naturelle evian®, tout en dégageant des retombées économiques et agronomiques pour les agriculteurs.

De par ses atouts territoriaux multiples, Terragr’Eau est un aménagement reconnu d’intérêt public.

Un investissement collectif

L’investissement pour la construction du méthaniseur était de 9.3 millions d’euros répartis de la façon suivante : 1.299 M € à la charge du délégataire, 2.5 M € de financement par subventions (Union Européenne, ADEME, Région et Département de Haute-Savoie), 5.5 M € à répartir entre la communauté de communes (1/3) et Danone (2/3).

Un méthaniseur et une unité de compostage

Terragr’Eau comprend un méthaniseur et une plate-forme de compostage.

Ces deux unités traitent environ 37 000 tonnes d’effluents par an (chiffres 2019), soit l’ensemble des déchets organiques du territoire, composés à 90% des effluents d’élevage (33415 t), des déchets de la filière fromagère et des déchets verts issus des déchetteries (3500 t).

Le bilan des premières années de Terragr’Eau

La construction et l’exploitation du site pendant quinze ans ont été confiées à la SAS Terragr’Eau, dans le cadre d’une délégation de service public. La structure est encore jeune mais les premières années ont montré tout le bénéfice de cette installation pour le territoire.

Terragr’Eau doit cependant faire face aujourd’hui à des contraintes techniques qui mettent en difficulté l’équilibre économique attendu. Ces contraintes concernent principalement un sous-dimensionnement des capacités de stockage du site et le manque d’apport de biodéchets issus de la restauration collective qui permettraient un meilleur rendement.

En effet, les critères exigeants des AOP (appellation d’origine protégée) et IGP (indication géographique protégée) sur le territoire imposent que les biodéchets de la restauration ne contiennent pas de produit carné (ce tri après assiette n’est pas réalisable aujourd’hui dans les cantines).

Certains agrandissements ont été réalisés mais ne suffisent pas encore à satisfaire la forte demande de stockage des effluents. Face à ces difficultés économiques, le délégataire et la CCPEVA ont engagé une conciliation depuis deux ans afin de trouver les solutions les mieux adaptées et partager certaines charges selon la responsabilité de chacun.

Quelle que soit l’issue de la conciliation en cours, les bénéfices de la structure sur le long terme pour le territoire sont largement supérieurs et la CCPEVA garantira la continuité de ce service public.

Au côté de ses partenaires, elle mettra tout en œuvre pour en assurer la pérennité car Terragr’Eau est un équipement collectif et innovant qui répond pleinement aux enjeux du territoire en matière d’agroécologie et plus largement de développement durable.

Communiqué CCPEVA

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